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mercredi 9 septembre 2009

mercredi 20 mai 2009

Le crépuscule de la vie

Jacques Brel




LES VIEUX 1963







Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux




Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un coeur pour deux






Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan






Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps






Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier






Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières





Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent





Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit: je vous attends




















Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s'ensommeillent, leurs pianos sont fermés





Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter






Les vieux ne bougent plus leurs gestes ont trop de rides leur monde est trop petit






Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit






Et s'ils sortent encore bras dessus bras dessous tout habillés de raide






C'est pour suivre au soleil l'enterrement d'un plus vieux, l'enterrement d'une plus laide






Et le temps d'un sanglot, oublier toute une heure la pendule d'argent






Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, et puis qui les attend












Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps




Ils se tiennent la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant






Et l'autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère






Cela n'importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer






Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin






Traverser le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin







Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d'argent





Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui leur dit: je t'attends






Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend.






jeudi 23 avril 2009

L'enfant


Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit,

Parlez-nous des Enfants.

Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.

Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même,

Ils viennent à travers vous mais non de vous.

Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.


Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,

Car ils ont leurs propres pensées.

Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,

Car leurs âmes habitent la maison de demain,

que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.

Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux,

mais ne tentez pas de les faire comme vous.

Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier.


Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.

L'Archer voit le but sur le chemin de l'infini, et

Il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.

Que votre tension par la main de l'Archer soit pour la joie;

Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime l'arc qui est stable.


(extrait du recueil Le Prophète)

mercredi 22 avril 2009

L'embellie



Extrait du nouvel album de Calogero, "L'embellie"


Ca ressemble à un rêve qui pose pied à terre,

C'est peut-être une trêve en un seul exemplaire,

mais on se moque bien quand paraît l'éclaircie

de savoir si demain durera L'EMBELLIE.


Car c'est l'instant présent

Qui reprend ses droits
Après tant de tourments

Sans fin, sans foi, ni loi

On ne la souhaitait plus

On se disait "c'est écrit

la paix n'existe plus"

Et voilà l'embellie

Et voilà l'embellie

La voilà l'embellie

L'embellie.